Security Operations Center ou SOC : définition, rôles, enjeux

Security Operations Center ou SOC : définition, rôles, enjeux

Elsa T.
Calendar picto
17/11/2021
Clock picto
4 min

Le paysage des cybermenaces évolue sans cesse et, à mesure que les menaces deviennent plus sophistiquées, les stratégies pour les prévenir doivent elles aussi évoluer. Un Security Operations Center ou SOC est une fonction centralisée au sein d'une organisation qui emploie des personnes, des processus et des technologies pour surveiller et améliorer en permanence la posture de sécurité de l'organisation tout en prévenant, détectant, analysant et répondant aux incidents de cybersécurité.

Quelle est l’importance de disposer d’un SOC ?

Bien que les effectifs des équipes SOC varient en fonction de la taille de l'organisation et du secteur d'activité, la plupart d'entre elles ont à peu près les mêmes rôles et responsabilités : 

  • Prévention et détection : En matière de cybersécurité, la prévention sera toujours plus efficace que la réaction. Plutôt que de répondre aux menaces au moment où elles se produisent, un SOC s'efforce de surveiller le réseau 24 heures sur 24. Ce faisant, l'équipe SOC peut détecter les activités malveillantes et les prévenir avant qu'elles ne causent des dommages. 
  • Investigation : Au cours de la phase d'enquête, l'analyste SOC analyse l'activité suspecte pour déterminer la nature de la menace et l'ampleur de sa pénétration dans l'infrastructure. L'analyste SOC voit le réseau et les opérations de l'organisation du point de vue d'un attaquant, en recherchant les indicateurs clés et les zones d'exposition avant qu'elles ne soient exploitées. L'analyste identifie et effectue un triage des différents types d'incidents de sécurité en comprenant comment les attaques se déroulent, et comment répondre efficacement avant qu'elles ne deviennent incontrôlables. 
  • Réponse : Après l'enquête, l'équipe SOC coordonne ensuite une réponse pour remédier au problème. Dès qu'un incident est confirmé, le SOC agit en tant que premier intervenant, en effectuant des actions telles que l'isolement des points d'extrémité, la fin des processus nuisibles, en les empêchant de s'exécuter, la suppression des fichiers, etc. À la suite d'un incident, le SOC travaille à la restauration des systèmes et à la récupération des données perdues ou compromises. Il peut s'agir d'effacer et de redémarrer les terminaux, de reconfigurer les systèmes ou, dans le cas d'attaques par ransomware, de déployer des sauvegardes viables afin de contourner le ransomware.

Quel est le rôle d’un SOC ?

Le SOC dirige la réponse aux incidents en temps réel et apporte des améliorations continues à la sécurité afin de protéger l'organisation contre les cybermenaces. En utilisant une combinaison complexe des bons outils et des bonnes personnes pour surveiller et gérer l'ensemble du réseau, un SOC performant assure :


  • Une surveillance proactive, 24 heures sur 24, des réseaux, du matériel et des logiciels pour la détection des menaces et des brèches, et la réponse aux incidents.
  • Une expertise sur tous les outils utilisés par votre organisation, y compris les fournisseurs tiers, afin de s'assurer qu'ils peuvent facilement résoudre les problèmes de sécurité.
  • Installation, mise à jour et dépannage des logiciels d'application.
  • Surveillance et gestion des systèmes de pare-feu et de prévention des intrusions.
  • Analyse et remédiation des solutions antivirus, des logiciels malveillants et des ransomwares.
  • Gestion du trafic e-mail, voix et vidéo.
  • Gestion des correctifs et liste blanche.
  • Analyse approfondie des données des journaux de sécurité provenant de diverses sources.
  • Application des politiques et procédures de sécurité.
  • Sauvegarde, stockage et récupération.
  • etc.


Quels sont les challenges que rencontre un SOC ?

Les équipes SOC doivent constamment garder une longueur d'avance sur les attaquants. Ces dernières années, cela est devenu de plus en plus difficile. Voici les trois principaux défis auxquels chaque équipe SOC est confrontée :


  • Pénurie de compétences en cybersécurité  : Les SOC n’échappent pas à la tendance générale en cybersécurité du manque de ressources qualifiées.  Cela signifie que de nombreuses équipes SOC sont en sous-effectif et ne disposent pas des compétences avancées nécessaires pour identifier et répondre aux menaces de manière rapide et efficace. L'étude (ISC)² Workforce Study a estimé que la main-d'œuvre en cybersécurité doit augmenter de 145 % pour combler le manque de compétences et mieux défendre les organisations dans le monde entier.
  • Trop d'alertes : À mesure que les organisations ajoutent de nouveaux outils de détection des menaces, le volume des alertes de sécurité augmente continuellement. Les équipes de sécurité étant aujourd'hui déjà submergées de travail, le nombre écrasant d'alertes peut provoquer une lassitude face aux menaces. En outre, nombre de ces alertes ne fournissent pas suffisamment de renseignements, ni de contexte pour enquêter, ou sont des faux positifs. Non seulement les faux positifs font perdre du temps et des ressources, mais ils peuvent aussi détourner les équipes des véritables incidents.
  • Frais généraux opérationnels : De nombreuses organisations utilisent un assortiment d'outils de sécurité déconnectés les uns des autres. Cela signifie que le personnel de sécurité doit traduire les alertes et les politiques de sécurité entre les environnements, ce qui entraîne des opérations de sécurité coûteuses, complexes et inefficaces.


Pour conclure, afin d'améliorer la surveillance d’un système d'information, de détecter et de contrer les attaques tout en répondant aux exigences légales, le SOC est devenu un véritable atout. Sa mise en place est d'ailleurs recommandée par des organismes publics faisant autorité en la matière comme l'Agence nationale des systèmes d'information (ANSSI).